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Dans les abîmes de l'absence

Casterède (1996)

Etre que je dévoile...

Etre que je dévoile et qui m'efface
ô pur instant vierge et virtuel
ô matière et mystère,
je te célèbre.

Sans prière apprise
sans regrets taciturnes
sans joie feinte,
je te célèbre.

Pour l'innocence
pour le royaume d'un regard
pour l'horizon sans distance
je te célèbre.

Je te célèbre
parce-que tu n'existe
que dans le souffle meurtri de nos rêves
et de nos défis.

Les morts sont légers...

Les morts sont légers
plus légers que l'air
C'est nous qui portons
leur poids à l'épaule
C'est nous qui écoutons
leur vraie voix dans nos cœurs

Les morts sont légers
plus légers que le sommeil
Ils nous parlent en secret
dans la langue pure des galaxies
Ils nous tirent vers le haut
tandis que la faiblaisse et l'oublie
nous ramènent à la terre

Les morts sont légers
plus légers que le souvenir
Ils nous parlent en secret
dans la langue oubliée des enfants
Ils nous tirent vers l'azur
tandis que le silence du néant
nous ramène vers la vérité.

Le secret du pauvre cœur...

Le secret du pauvre cœur
est enfermé à jamais
dans l'infiniment petit,
dans le premier sursaut de la mémoire
dans le premier nœud de particules
dialoguant face au néant

Est enfermé à jamais
dans le savoir muet du nouveau-né
tendant la main
vers la présence aléatoire

Est enfermé à jamais
dans les aveux non murmurés
dans les rêves refusés
dans la plainte silencieuse
des ombres réniées

Est enfermé à jamais
dans le cri transparant
dans la chair soudain froide et sans organes
qui se délivre du jour

Est enfermé à jamais
dans le monde
parce-que tu as oublié la clé
et le chiffre de nos âmes
dans ton cœur sans secret

Alain Suied

In the abysses of absence

 

Being whom I unveil...

Being whom I unveil and who effaces me
o pure, chaste and illusionary moment
o reality and mystery,
I extol you.

With no studied prayer
with no unexpressed remorse
with no feigned happiness,
I extol you.

For innocence
for the kingdom of one glance
for the rangeless horizon
I extol you.

I extol you
because you exist only
in the slaughtered breath of our dreams
and of our challenges.

The deceased are light...

The deceased are light
lighter even than air
it is we who carry
their weight upon our shoulders
It is we who listen
to their real voice in our hearts

The deceased are light
lighter even than sleep
They speak to us in secret
in the pure language of the galaxies
They pull us upward
whereas weakness and oblivion
bring us back to earth

The dead are light
lighter even than memory
They speak to us in secret
in the forgotten language of children
They pull us towards the azure
whereas the silence of emptiness
brings us back towards truth.

The secret of the wretched heart...

The secret of the wretched heart
is forever confined
within the infinitely small
within the first flurry of one's memory
within the first knot of particles
discoursing with nothingness

Is forever confined
within the silent understanding of the new-born
stretching its hand
towards the unknown presence

Is forever confined
within the unmurmered avowals
within the rejected dreams
within the silent lament
of the disowned shadows

Is forever confined
within the transparant cry
within the flesh now suddenly cold and devoid of organs
which frees itself of the day

Is forever confined
within the world
because you have forgotten the key
and the sum of our souls
within your heart which habours no secret

© translated by Christopher Goldsack

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