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Trois poèmes de Paul Fort

Honegger (1916)

Le chasseur perdu en forêt

Quand le son du cor s'endort, gai chasseur,
ne tarde! _ Déjà les sentiers regardent, avec l'œil
creux de la Mort, passer l'avalanche des hauts
chevaux sous les branches.

Cavalier, quel beau squelette enfourche
ta bête? Adieu, chasse! adieu, galops! Alors
s'éveille indistinte, puis s'enfle la plainte
de l'étang rouge aux oiseaux.

Cloche du soir

Ah! ce soir-là vraiment tout était si paisible
que le Champ du Repos était sur le chemin,

et l'Angélus du soir d'une cloche invisible,
croisait deux beaux sons clairs sur le front des
humains.

La lumière de l'ombre et ce halo de lune,
les sons de l'angélus et leur mystique appel

versaient des charités dans l'âme.
O crépuscule! Un petit cimetière ouvre
une heure éternelle.

L'angélus va mourir. Que dis-je? il est
encore. C'est lui qui tremble aux bords de ce
nuage d'or.

C'est lui qui tremble aussi dans le signe
de croix que font ces deux rayons
d'argent croisant leur voies.

Ah! ce soir-là mourut de l'éternel bonheur
que le Champ du Repos offre sur le chemin ,

et l'angélus mourant vint planter sur mon cœur
sa blanche croix mystique et signa mon destin.

Chanson de fol

Les sorciers et les fées dansent sur
le côteau. Leurs pas brûlants font des 8 noirs
sous les méteils. Ils dansent de la nuit venue au
jour nouveau pour honorer le saint qui nourrit
les abeilles.

Et sept nuits et sept jours ils font la ronde
encor, jusqu'au huitième soir où, géantes
cigales, les fées jouent de la flûte et les sorciers
du cor pour honorer le dieu qui nourrit
les étoiles.

Paul Fort

Three poems by Paul Fort

 

Huntsman lost in forest

When the sound of the horn falls asleep, jolly
huntsman tarry not! _ Already, with the hollow eye
of death ,the paths watch the avalanche of tall
horses passing by beneath the branches.

Horseman, what handsome skeleton straddles
your beast? Farewell hunt, farewell gallops! Then,
indistinct, the lament of the red pond of the birds
awakes and swells.

Evening bell

Ah! That evening really everything was so
peaceful that the Field of Rest was on the path,

and the evening Angelus of an invisible bell,
crossed two beautiful clear sounds on the brow of
humans.

The light of the shadow and this halo of moon,
the sounds of the Angelus and their mystical call

poured kindness into the soul.
O twilight!A little cemetery opens
an eternal hour.

The Angelus is going to die. What do I say? It
still is. There it is trembling on the edge of that golden
golden cloud.

There it is also trembling in the sign
of the cross which those two silver rays form
by crossing their paths.

Ah! That evening died of the eternal happiness
that the Field of Rest offers on the path,

and the dying Angelus came to plant in my heart
its white mystical cross and signed my destiny

Song of the madman

The sorcerers and the fairies are dancing on
the hill. Their burning steps make black 8
beneath the maslin. They dance from the coming of
night until the new day to pay homage to the saint who
feeds the bees.

And seven nights and seven days more they
dance, until the eighth evening when, like giant
cicadas,the fairies play the flute and the sorcerers the
horn to pay homage to the god who feeds
the stars.

© translated by Christopher Goldsack

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